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Quelles cohérences pour le PPCR?

La cohérence est l’architecture verticale de la pédagogie de tout professeur:                        – cohérence du cours en fonction d’un programme .                                                              – cohérence d’un programme , établi d’après un paradigme du savoir , d’où sont sélectionnés les contenus à acquérir en vue d’un niveau de diplôme.

Quand chacun d’entre nous, professeurs, évalue ses élèves, la hiérarchie lui demande des critères d’évaluation au regard desquels il établit sa note.                                            Le professeur doit pouvoir s’expliquer au regard de ces critères d’évaluations, autant auprès de l’élève, que de sa hiérarchie.

Souvent, de sa propre initiative, le professeur tend vers une certaine objectivité dans l’établissement d’un barème et des ses justifications. Les critères d’évaluations répondent à deux objectifs :                                                                                                                     1- être intelligibles pour nos élèves, afin qu’ils puissent, le cas échéant, trouver des médiations à leurs difficultés.                                                                                                2-  être préhensiles par l’inspection sur les  contenus des critères d’évaluations.Globalement, les critères d’évaluations reposent sur une volonté de transparence et d’objectivité toujours perfectibles…

Nous sommes donc en droit d’attendre de même, de la part de notre hiérarchie, qu’elle soit liée à l’inspection ou à l’administration.Or c’est tout l’inverse qui s’est établi plus particulièrement avec la réforme de M. Hamon en 2014 : le PPCR avec ses rendez-vous de carrière.

– Les rendez-vous de carrière. [1]

LES POSSIBILITÉS D’AVANCEMENT.                                                                            Elles sont au nombre de 4 :

  • deux réductions d’un an d’ancienneté respectivement positionnées dans le 6ème et dans le 8ème échelon du premier grade, ce qui peut réduire la durée de séjour dans ce grade à 25 ou 24 années. Les promotions sont fixées à hauteur de 30 % des agents concernés ;
  • l’éventuelle promotion à la hors classe après deux ans dans le 9ème échelon du premier grade ;
  • L’éventuelle promotion à la classe exceptionnelle.

LES MODALITÉS DE L’AVANCEMENT.

L’évaluation : l’avancement coïncidera avec 4 « rendez-vous de carrière ». Ces événements dans la carrière des enseignants correspondent aux 4 possibilités d’avancement exposées ci-dessus. Les rendez-vous de carrière sont très précisément organisés. Ils sont précédés par la remise d’un « document d’accompagnement » à remettre aux deux évaluateurs, chef d’établissement et IEN. Il contient le point de vue de l’enseignant sur sa pédagogie, l’ensemble de ses activités au sein de l’établissement et ses attentes éventuelles. Puis vient la visite d’inspection qui est suivie de l’entretien habituel

Les évaluateurs complètent une fiche (recto présentée ci-dessous), en appréciant selon 4 niveaux (« à consolider », « satisfaisant », « très satisfaisant », « excellent ») les 11 items inspirés par le référentiel des métiers de l’enseignant. L’inspecteur évalue seul 5 items, le chef d’établissement 3 et conjointement, l’un et  l’autre, les 3 derniers. C’est le-la Recteur-trice qui prend la décision du niveau final à attribuer à l’enseignant. L’enseignant pourra demander la révision de la décision et pourra aussi saisir la commission administrative paritaire académique compétente. [2]

Quoi qu’il en soit, si vous êtes au 11ème échelon en attente du passage au hors classe, vous n’aurez pas accès à ce document évaluatif sauf par l’intermédiaire d’un commissaire paritaire syndical.

Le recteur, fait du prince, devient l’ultime décisionnaire sans connaitre le réel de l’enseignant jugé. Ce dernier doit se satisfaire d’une opinion donnée comme juste et équitable, sans savoir sur quelle donnée du sensible, définitive, est basée cette opinion.                                                                                                                                  La seconde incohérence, tout aussi préjudiciable, concerne particulièrement les PPL2: les professeurs titulaires et contractuels des lycées professionnels. Désormais, avec le PPCR, ceux ci sont inféodés, de fait, dans une hiérarchie verticale, ou au dessus d’eux se trouvent les professeurs les lycées technologiques.                                                          Les professeurs titulaires du capet bénéficient d’une remise d’heures quant ils ont en charge 6 h[3] une classe tandis que les PPLP2 doivent se contenter d’une indemnité forfaitaire et minorée pour les CCF qu’ils réalisent: nombre de disciplines dont les arts appliqués ont vus chuter le montant des « primes versées » pour les CCF avant la mise en place du PPCR.

En effectuant une analogie avec les droits de nos élèves qui eux, ont accès, à des critères d’évaluations  référencés l’obligation d’être évalués sur des contenus d’examens,  je puis constater que les professeurs deviennent des citoyens de degré inférieur où ceux qui les juges n’ont plus à expliquer leur évaluation et comble d’humiliation, l’enseignant peut ne pas avoir accès à l’un  de ces quatre rendez-vous.

La théorie n’est pas le réel.

Si lors, d’un de ces rendez-vous, vous avez eu une mauvaise évaluation vous penserez, à raison, que vous aurez l’occasion de montrer votre palette de savoir faire et de savoir être lors d’une prochaine visite.                                                                                                   De fait, il n’en est rien.                                                                                                              – Certaines disciplines comme les arts appliqués ne bénéficient pas de ces quatre rendez-vous : elles sont compensées par des points donnés… L’aléa est donc un critère d’avancement de la carrière.                                                                                                   – Si votre inspecteur à un a priori, un préjugé contre vous, il peut très bien se rendre indisponible pour venir vous visiter et vous devrez vous satisfaire de la médiocrité de votre précédente évaluation pendant fort longtemps, ce qui retardera d’autant votre avancement. De surcroît vous n’aurez pas l’entretien avec votre chef d’établissement…

« Comme avant, l’inspecteur assistera au cours et s’entretiendra ensuite avec le professeur. La nouveauté, c’est l’entretien supplémentaire mené par le chef d’établissement. Deux fois jugé, deux fois infantilisé, deux raisons d’être angoissé. « J’enseigne les lettres-espagnol depuis 7 ans en lycée professionnel et lorsque l’administration m’a annoncé que j’aurai un rendez-vous de carrière dans le cadre du PPCR, je n’ai pu empêcher mon estomac de se nouer. Être inspecté et subir deux entretiens, quelle angoisse ! Je ne pensais jamais le formuler ainsi mais c’est fait : j’ai rendez-vous avec l’inspecteur. J’ai appris par mail que j’étais éligible à un rendez-vous de carrière. Une inspection new look m’attend prochainement. Je me renseigne : étape 1, inspection ; étape 2, entretien avec l’inspecteur et enfin étape 3, entretien avec le chef d’établissement (ou inversement). Que d’angoisse pour peu d’augmentation sur ma fiche de paie ! » Très souvent, l’inspecteur est accusé d’être plutôt dans le jugement que dans l’accompagnement. Les enseignants se sentent souvent humiliés, infantilisés. Patrick, prof d’éco-gestion en GA, le dit sans détour : pour ces évaluations, « c’est papa-inspecteur qui vient gronder fiston-professeur. À chaque fois, je suis déstabilisé ».[4]

Certains inspecteurs, ces dernières années et probablement sous des pressions officieuses, pratiquent l’autoritarisme. D’autres plus rares restent distants face à ces procédés de management.

Un salaire en berne.

Depuis les années 2000 avec le gouvernement de M. Jospin – qui avait confisqué 20 % des heures supplémentaires pour les emplois jeunes qui n’existent plus et dont aucun gouvernement depuis n’a rétabli la perte – nos salaires[5] ne cessent de dégringoler et le PPCR ne compense nullement cela.

Le blocage du point d’indice sur lequel est calculé l’augmentation de nos salaires et tout dernièrement l’augmentation de la CSG prélevée[6] sur nos salaires participe à la paupérisation du statut de professeurs.

Un jeune professeur qui a bac + 5, qui prépare un concours difficile d’ un an à trois ans pour l’obtenir, commence sa carrière à 1400 €.

Pouvoir d’achat en berne

Agissant dans la continuité des gouvernements précédents, les fonctionnaires tout comme les retraités[8] sont montrés comme des privilégiés car eux, s’ils travaillent, ne connaissent pas le chômage!

Les idées simplificatrices sont le ferment du populisme: « les salariés doivent payer la crise et plus particulièrement, les retraités et les fonctionnaires; ces privilégiés de la république. »                                                                                                                          Le populisme n’est pas toujours là où on l’attend et les premiers à le dénoncer sont aussi, pour des raisons idéologiquement liées à leur vision économique, les premiers à le pratiquer.                                                                                                                            C’est pour cela que tous les syndicats y compris ceux qui ont soutenu ce PPCR devraient se mobiliser pour abroger ou pour renégocier ce plan.

En attendant chers collègues, je vous souhaite de futures bonnes évaluations avec des critères connus de tous…

Jac Lesser

[1] AP N° 554 | Octobre 2016 | SNETAA-FO ©

[2] AP N° 554 | Octobre 2016 | SNETAA-FO ©

[3] Décharge d’une heure de cours par prise en charge d’une section comprenant au moins 6 heures de cours.

[4] 14 AP MAGAZINE – OCTOBRE 2018

[5] « La faute à une mesure décidée de longue date par Emmanuel Macron : la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG), un impôt prélevé sur tous les revenus et qui sert à financer la protection sociale. Son taux est passé de 5,1 à 6,8% depuis le 1er janvier. Pour les salariés du privé, le gouvernement a en compensation supprimé la cotisation maladie et baissé le taux de la cotisation chômage, ce qui aboutit à une hausse du salaire net d’au minimum 8 euros par mois. Mais les fonctionnaires, eux, ne s’acquittent pas des cotisations maladie et chômage : ils ne sont donc touchés que par la hausse de la CSG. Or, le gouvernement les avait déjà mis au régime sec dès l’automne : gel du point d’indice en 2018 (il avait été dégelé par François Hollande en 2016 et 2017 après 6 ans de stagnation) et retour du jour de carence en cas d’arrêt maladie. Afin de ne pas les léser encore trop, le gouvernement a mis en place d’autres mécanismes pour compenser la hausse de la CSG. Il a supprimé la contribution exceptionnelle de solidarité (CES, 1% des revenus) et créé une nouvelle indemnité, bien nommée « indemnité compensatrice », qui doit combler au centime près le manque-à-gagner. Première déception pour les agents de la fonction publique : il s’agit simplement d’une « compensation » et non d’une hausse de pouvoir d’achat comme en bénéficient les salariés du privé. Le taux de l’indemnité n’est en effet qu’un « taux correctif équivalent à l’impact de l’augmentation de la CSG au 1er janvier 2018« . Emmanuel Macron avait pourtant inscrit dans son programme une égalité entre les gains de salaire net du privé et du public, une promesse non tenue. »

source; https://www.marianne.net/economie/augmentation-de-la-csg-pourquoi-la-paye-des-fonctionnaires-encore-baisse-en-janvier-2018

[6] L’imbroglio de la CSG

« Parmi les principaux sujets de crispation, la hausse de la CSG. Le problème est moins technique qu’il n’y paraît. Pour les salariés du privé, cette augmentation sera compensée par une baisse un peu plus forte des cotisations sociales. L’opération se soldera donc par un gain de pouvoir d’achat, directement visible sur la feuille de paye. Mais ce ne sera pas le cas pour les fonctionnaires qui ne versent pas les mêmes charges sociales. »        « L’augmentation de la CSG sera totalement neutralisée. » Édouard Philippe.La compensation aura lieu de deux façons : « diminution des cotisations salariales » pour les fonctionnaires qui en ont, et « versement de prime » pour ceux qui n’en ont pas. « L’indemnité correspondrait exactement à la perte de pouvoir d’achat », a promis le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin.Pas de perte, donc, assure le ministre. Mais pas de hausse non plus, contrairement aux salariés du privé. Un « deux poids, deux mesures » qui passe mal  au yeux de l’intersyndicale…« La hausse de la CSG se traduira au mieux par une simple compensation dans la fonction publique, c’est à dire sans gain de pouvoir d’achat pour les agents. C’est inacceptable. »                                                                                                                        Un pouvoir d’achat qui stagne. D’après Édouard Philippe, la compensation de la CSG sera complétée par « l’augmentation normale de la masse salariale dans la fonction publique ». « Ça veut dire une augmentation de pouvoir d’achat annuelle d’environ 2% au global », a ajouté le chef du gouvernement. Un chiffre qui s’explique principalement par la hausse liée à l’ancienneté. Mais à ancienneté égale, c’est le statu quo. Après une hausse de 0,6% en février, le ministre Gérald Darmanin a annoncé en juin le gel du point d’indice des fonctionnaires, qui sert à calculer leur rémunération.

source: https://www.nouvelobs.com/politique/20171009.OBS5761/ce-que-les-fonctionnaires-perdent-ou-gagnent-avec-macron.html

[7] 1 498,50€ brut pour 35 heures Après déductions CRDS et CSG.

[8] Sous le gouvernement Macron augmentation de la CSG des retraités à partir de 2000€ de revenus assujettit à la CRDS. La contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS) est un impôt qui a été créé par l’ordonnance du 24 janvier 1996 dans le cadre de la réforme d’Alain Juppé sur la Sécurité sociale. Elle est exclusivement affectée à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) puisque son principal objectif est de résorber l’endettement de la Sécurité sociale. Cet impôt avait été annoncé comme temporaire mais l’existence de la CADES a été successivement prolongée. En 2010, le gouvernement de François Fillon, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, rallonge une nouvelle fois la durée de vie de la CADES, passant de 2021 à 2025, date supposée de l’extinction de la dette de la Sécurité sociale

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